Le 28 mai dernier, Yannick Jadot était en terre Comtoise pour soutenir Stéphanie Modde, tête de liste écologiste aux élections régionales de Bourgogne-Franche-Comté. L’occasion de parler Made in France et relocalisation d'emplois.

La journée a donc débuté à Besançon, aux côtés d’Anne Vignot, maire de Besançon et d’Anna Maillard, tête de liste écologiste aux élections départementales dans le Doubs. Le rendez-vous était fixé auprès de l’entreprise Routine, maître horloger français qui avait déjà croisé notre chemin au salon du Made en France en 2019, où Yannick Jadot avait acheté une montre Routine.

Et quelle montre ! Avec plus de 80% de ses composants fabriqués en France, au sein de ses 13 ateliers partenaires, cette montre résume la volonté de Florian Chosson, jeune dirigeant qui fonde Routine en 2016, de ne plus laisser mourir les savoir-faire ni l’excellence des fabricants français de mouvements et de composants. Routine s’inscrit donc en contre-courant du mouvement de délocalisation de l’horlogerie française.

En effet, si en 1970 la France fabriquait 10 millions de montres et la Suisse 73 millions, ce nombre chute en 2015 à 28 millions de montres pour la Suisse… et 500 000 pièces pour la France ! Les chiffres parlent d’eux même : la France est en train de perdre ses derniers savoir-faire horlogers. Entreprises et chercheurs s’associent, et ils attendent un appui fort des politiques publiques européennes, nationales, et régionales pour les appuyer.  Le combat de Routine est donc un combat plus large, celui de la récupération de notre artisanat de pointe : véritable gisement d’emplois spécialisés, et, comme nous l’ont montré nos interlocuteurs suivants, tremplin de la réindustrialisation de nos régions comme de la relocalisation des emplois.

À Besançon, Florian Chosson nous accueille en effet chez son fabricant de bracelets, Sibra Manufacture, qui réalise pour Routine des bracelets en cuirs à partir de peaux d'origine française et de tannage végétal, ainsi que des bracelets en chutes de jeans 1083.

Gérard Simon, son dirigeant, explique être ravi de travailler avec la jeune génération (30 ans les séparent !) et met en œuvre son savoir-faire pour développer des cuirs végétaux en réponse à une demande très forte, notamment de la part des clients de l’horlogerie de luxe.

Au passage, nous apprenons qu’il reste dans le monde 10 fabricants de cadrans et d’aiguilles, dont un seul en France ! Partenaire de Routine, ce fabricant gardera donc ses secrets de fabrication à l’abri de nos regards tant ils sont précieux.

Au sein de l'École Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques, M. Sébastien Thibaud, chercheur en mécanique appliquée et enseignant en mécanique et microtechnique, nous a présenté les laboratoires de recherche et d'enseignement dédiés à la valorisation et la ré-industrialisation de la filière horlogère française. Parmi elle, la plateforme Mifhysto (Microfabrication pour la mIniaturisation, la Fonctionnalisation et l'Hybridation des Systèmes microTechniques et l'Outillage) qu’il dirige, est unique dans le monde universitaire.

Plus loin, nous découvrons le projet européen SSUCHY qui vise à valoriser la matière issue de la biomasse pour développer des matériaux composites recyclables et/ou biodégradables à hautes performances.

Les chercheurs du site destinent leurs recherches au transport terrestre et aérien ainsi que pour les marchés de niche à haute valeur ajoutée, tel que l’acoustique haut de gamme. Piloté par l’institut FEMTO-ST et porté par l’Université de Franche-Comté, ce projet a obtenu 4,5 millions d’euros de fonds européens. Doté d’un budget global de 7,4 millions pour quatre ans, SSUCHY regroupe 17 collaborateurs issus de six pays européens dans le cadre d’un partenariat public-privé validé par le programme européen H2020.

À Dijon, nous faisons une dernière étape qui semble à priori aux antipodes du luxe... Bien au contraire, l'équipe de la Recyclade, nous montre que nos "rebuts" ont de la valeur, autant humaine que marchande. Vaisselle, vêtements, petits appareils électriques, décorations : ces objets sont triés, testés et mis en vente pour une somme symbolique dans des locaux qui fourmillent de vie. Reposant initialement sur le bénévolat, cette initiative a à terme permis de créer 3 emplois, en plus de redonner vie à des objets destinés à la déchetterie.