Le droit à la santé

Aujourd’hui, la Constitution intègre un droit à la protection sociale. L'événement historique de la pandémie et la menace sanitaire que représente le dérèglement climatique nous oblige à considérer la santé non comme un bien mais comme une liberté fondamentale. Le droit à la santé ne doit pas s’arrêter à l’absence de maladies mais à une santé physique, mentale, sociale et planétaire, c’est-à-dire la pleine santé.

La santé comme objectif des politiques publiques

  • Ainsi, l’ensemble des politiques publiques doit systématiquement prendre en compte l’impact sur la santé humaine et sur la nature. Aussi bien des mesures d’évaluation (qui devront intégrer l’effet des politiques sur les 10% de la population les plus précaires) que les politiques elles-mêmes doivent être conditionnées à l’objectif d’une meilleure santé et d’un bien-être et à la possibilité de se développer et de vivre dans un environnement sain. Leurs objectifs et leur mise en œuvre ont pour ambition d’améliorer conjointement ces deux aspects de la santé. 
  • Une logique de co-bénéfices santé et environnement doit être recherchée dans la mise en place de toutes les politiques publiques, afin d’entraîner des effets bénéfiques en cascade pour la santé et la qualité de vie, tout en réduisant les inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé. 

Refonder un système de santé bouleversé par les crises

 

  • Mettre en place un plan de priorité sur le système de santé et médico-social assorti de mesures d’urgence pour l’hôpital. La santé ne doit plus être considérée comme le parent pauvre du budget. Un moratoire sur la dette de l’hôpital (exepertisé ?) est indispensable pour permettre à nouveau des investissements en matériel médical, hôtelier et en travaux de rénovation des locaux hospitaliers. Des investissements soumis à une logique d’exemplarité en termes de valeurs humanistes et environnementales. 
  • Cesser la politique de fermeture de lits pour réadapter le système de santé aux nouveaux risques sanitaires et climatiques, et au vieillissement de la population. 
  • Déployer une politique très ambitieuse de ressources humaines à l’hôpital public pour stopper la fuite préoccupante des soignant.e.s hors du système de santé, générant des pénuries graves, préjudiciables à la sécurité des soins et à un exercice professionnel qui garde du sens. 
  • Remettre à plat le système de financement de soins. Remplacer la tarification à l’activité (T2A), qui aboutit à privilégier des choix de rentabilité financière des soins au détriment de la qualité et d’une vision globale de la santé, par un nouveau système de tarification à dotation globale valorisant les établissements qui s’adaptent aux populations très éloignées des offres de soins, assurent les actes de prévention d’éducation en santé ou d’éducation thérapeutique, permettent la collaboration pluridisciplinaire et le travail transversal entre acteurs de santé, ainsi que le partenariat avec les associations de malades et les usagers (expertisé ?)
  • Revaloriser les salaires des professionnel.le.s de santé en les indexant sur la moyenne haute des pays de l’OCDE, pour reconstruire un système de santé bienveillant et ré-humaniser les métiers du soin. Remettre à plat leurs conditions de travail très dégradées grâce à un plan massif de qualité de vie au travail à l’hôpital passant notamment par une politique ambitieuse d’embauche et de formation de personnel qualifié et la création de locaux plus ergonomiques et en lien avec la nature.
  • Transformer les bâtiments hospitaliers et médico-sociaux en locaux passifs thermiquement, avec un plus grand accès à la nature, comme des jardins thérapeutiques, la végétalisation pour créer des îlots de fraîcheur, une gestion réduisant l’usage unique et les perturbateurs endocriniens, une alimentation saine avec circuits courts et contenants sans plastique.

 

Pour une vision globale des politiques de santé (“une seule santé”)

Plus de 40% des décès dans le monde ont une origine environnementale, qu’elle soit liée au réchauffement climatique, aux pollutions ou à la chute de la biodiversité. Santé humaine, santé animale et état des écosystèmes sont inextricablement liés. 

    • Mettre en œuvre l’approche globale “Une Seule Santé” pour anticiper et prévenir la diffusion d’agents infectieux émergents à l’origine d’épidémies, et les maladies environnementales. 

 

  • Créer un grand ministère de la santé, de l’agriculture, et de l’environnement, qui permette de coordonner les politiques sur ces thématiques interdépendantes. 
  • Donner à l’agro-écologie et la permaculture les moyens de son développement pour alimenter la population en produits locaux, saisonniers et biologiques. 
  • Reconquérir une souveraineté alimentaire pour limiter les transports d’alimentation et produire des aliments de plus grande qualité nutritionnelle, accessibles à toutes et tous.

 

Une sécurité sociale élargie qui intègre les risques environnementaux, tout en atténuant les inégalités sociales de santé.

  • Intégrer la période des 1000 jours dans la sécurité sociale. C’est au cours des 1000 premiers jours d’existence, depuis l’embryon jusqu’aux deux ans, que se détermine fortement la santé future de l’individu. Les données scientifiques montrent qu’une grande partie des maladies chroniques sont consécutives à des expositions environnementales pendant la grossesse. Il est crucial de protéger au mieux cette période. La petite enfance et les femmes enceintes doivent être au cœur de notre politique de santé. 
  • Un bébé = une place en crèche. Les institutions dédiées doivent pouvoir bénéficier de financements à la hauteur de cet enjeu et être refondées autour de cette protection. Cela concerne en priorité la PMI, la santé scolaire mais également la santé au travail. Chaque bébé doit pouvoir bénéficier d’une place en crèche. Par ailleurs, les PMI doivent être largement déployées sur le territoire, leurs missions élargies et renforcées et les professionnel.le.s qui y travaillent valorisé.e.s  
  • Expérimenter dans les territoires volontaires, puis généraliser au niveau national, une sécurité sociale de l’alimentation. Créditer une somme mensuelle alimentaire sur une carte vitale de l’alimentation permettant d’accéder à des produits Bio conventionnés. L’objectif est d’augmenter significativement le pouvoir de vivre des ménages pour leur panier alimentaire, de flécher ces achats vers des produits favorables à la santé et à l’environnement, et de garantir un meilleur revenu aux producteurs. Cette mesure s’accompagne d’une éducation à la nutrition et à l’alimentation.

Adopter une vision globalisée et humaniste de la sécurité sanitaire

  • Plaider pour le renforcement du rôle de chef de file de l’OMS concernant la définition de la stratégie à employer, la collecte des données, l’établissement de normes et la conduite des actions de communication. 
  • Initier un projet d’un fonds commun de sécurité sanitaire, sociale et environnementale au niveau mondial, qui passe notamment par la fusion des principaux fonds mêmes mondiaux existants tels que le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, le Fonds Global pour l’Environnement et le Fonds Vert pour le Climat

Repenser un système médico-psycho-social favorable au bien-être de tou.te.s les citoyen.ne.s et des professionnel.le.s de santé. 

  • La convergence entre sanitaire et médico-social s’impose pour prendre soin de chaque individu dans sa globalité, et valoriser la prévention et la santé environnementale.  Notre vision de la santé repose sur une politique du soin prenant en compte l’état psychologique de chaque personne dans son parcours de vie. 
  • Avec un suivi ciblé, remboursé par la Sécurité Sociale, de populations spécifiques que nous savons maintenant les plus touchées, notamment les populations présentant un fort taux de suicides, les agriculteurs, les étudiants, les personnes addictes, les enfants pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, les populations en marge de la société. Les structures dédiées à ces populations sont renforcées.  
  • Investir massivement dans la santé mentale, et particulièrement dans le domaine sinistré de la pédopsychiatrie. Une prise en compte renforcée de l’état psychologique de  chaque  personne dans son parcours de vie. 
  • Un grand plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles est une priorité, pour faire de la prévention dès la maternelle contre tous les types de violences (conjugale, inceste, pédocriminalité, non respect du consentement).

 Vers une nouvelle politique nutritionnelle et une transition alimentaire 

  • Utiliser le levier de la commande publique pour proposer une offre alimentaire de qualité, conforme aux recommandations sanitaires et sans plastique au sein de toutes structures accueillant du public (crèches, écoles, EHPAD, hôpitaux, entreprises...).
  • Instaurer une modulation des taxes sur les produits alimentaires de faible qualité nutritionnelle pour alléger le prix des produits déterminés comme sains. 
  • Interdire la publicité pour l’alcool et les produits ultra-transformés, particulièrement auprès des jeunes et des enfants, conformément aux recommandations de l’OMS. 
  • Rendre le Nutriscore obligatoire sur tous les produits et l'améliorer pour prendre en compte la présence de contaminants, d’additifs, la densité nutritionnelle des aliments et l'impact sur l'environnement.

Légaliser le cannabis 

Notre législation sur les stupéfiants date de 1970 et prévoit la répression pénale de l’usage et du trafic. 50 ans plus tard, le constat sur le cannabis est sans appel : la consommation est forte et les trafics florissants. 

  • Nous proposons de légaliser et d'encadrer la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins récréatives, en affectant les recettes des taxes sur le cannabis à la lutte contre les addictions et à de l’accompagnement vers l’emploi et la normalisation économique. La légalisation protégerait les populations exposées, tarirait l’économie parallèle et le financement des entreprises mafieuses et terroristes internationales, réduirait la criminalité dans des quartiers abandonnés au trafic et permettrait de rediriger les près de 700 millions d’euros dédiés à la répression à des fins d’information et de prévention. La légalisation est un enjeu de santé. C'est parce que la consommation de cannabis n’est pas anodine que l'État doit l'encadrer.