A partir de ce mercredi 3 novembre, les femmes travailleront pour rien, nada, gratuitement. Du 3 novembre au 31 décembre tout le travail qu’elles produiront ne leur rapportera rien en regard des salaires perçus par les hommes. En effet, les différences salariales nettes, en France, en 2021, entre hommes et femmes sont de 28,5%. Les femmes étant bien plus souvent que les hommes à temps partiel, une partie de cet écart s’explique par un temps de travail plus bas. Si on calcule les salaires en équivalent temps plein, l’écart se réduit à 15%. Mais écart, il demeure. 

Sur tou-tes les salarié.es à temps partiels, 8 sur 10 sont des femmes. Et la moitié de ces temps partiels féminins est dit “subi” c’est-à-dire que les personnes n’ont pas la possibilité de travailler davantage. Pour le dire autrement, elles ne peuvent en aucun cas gagner davantage puisque leurs employeurs ou leurs conditions de travail ne le permettent pas. Ces temps partiels subis se retrouvent essentiellement dans les secteurs du nettoyage, de la restauration, de l’éducation, de la santé et de l’action sociale. Dans ces secteurs dits du “Care”, les conditions de travail peuvent être particulièrement difficiles et la “magie” évoquée récemment par la Ministre de l’Industrie de rythmes effrénés, de devoir travailler avec de multiples employeurs et d’avoir des temps de transport importants et peu ou pas rémunérés ne s’opère pas. Dans les temps partiels subis, se nichent donc bien des discriminations liées au manque de protection sociale des salariées parfois auto-entrepreneuses, souvent exposées à une pénibilité au travail mal reconnue (exposition à des produits chimiques, ménagers, port de charges lourdes, impossibilité pour l’inspection du travail d’intervenir etc.). La première mesure que nous prendrons, une fois arrivé-es au pouvoir, est donc la revalorisation massive de ces emplois de premier-es de corvées : hausse du SMIC, négociations de branche, transformation de la prime d’activité en salaires et révision des critères de pénibilité. 

Regardons attentivement maintenant les temps partiels dits “choisis”. Ils sont souvent motivés par l’arrivée d’enfants ou par un partage des tâches domestiques inégal. Rappelons quelques chiffres. Les femmes consacrent encore aujourd’hui en moyenne 1h26 par jour de plus que les hommes aux tâches domestiques. A la fin de la semaine, la différence cumulée est de 10 heures de travail. 10 heures ! Et ces chiffres n’évoluent quasiment plus depuis les années 2000. Depuis 20 ans les différences de tâches domestiques restent stables. Les “nouveaux papas” existent bien mais pas en nombre  suffisant pour inverser la tendance. Moralité, la notion de choix peut être questionnée en regard des doubles journées de travail que subissent les femmes et de la charge mentale qui leur incombe. Mais là aussi il n’est pas de fatalité et une politique ambitieuse consisterait à augmenter de manière conséquente le congé paternité pour qu’il soit à égalité avec le congé maternité, à développer encore les services de la petite enfance partout sur le territoire et surtout à éduquer les garçons comme les filles aux tâches domestiques. L’école est un lieu où il ne s’apprend pas qu’à lire, écrire et compter. 

Enfin restent les 15% de différence de salaire en équivalent temps plein. La France se situe tout juste dans la moyenne Européenne des inégalités salariales, moyenne qui diminue pour le moins lentement - entre 2011 et 2019, la moyenne des inégalités de salaire au niveau de l’UE est passée de 16,2 à 14,1%. Qu’est ce qui justifie, encore aujourd’hui, qu’à temps plein, à travail et à compétence égale, il persiste de telles différences, et si peu d’entrain à mettre en place des solutions ? Rien ne doit empêcher en France une citoyenne de gagner autant qu’un homme, d’exercer des responsabilités - en entreprise tout autant qu’en politique -, d’acquérir les biens dont elle a besoin, de s’émanciper librement. Il nous faut donc sanctionner les entreprises qui ne respectent pas l’égalité, installer l’éga-conditionnalité dans l’ensemble des politiques publiques, revoir l’index d’égalité femmes-hommes pour qu’il permette de mettre en visibilité l’ensemble de ces inégalités. Nous nous inspirerons de ce qui a fonctionné à l’étranger et notamment du modèle islandais qui a consisté à “inverser la charge de la preuve”, ce n’est plus aux femmes discriminées de démontrer qu’elles l’ont été mais aux entreprises de convaincre qu’ils construisent l’égalité réelle.

Enfin il y aura de nombreuses autres conquêtes à mener : sur le droit des travailleurs et travailleuses précaires, sur le revenu citoyen et la dignité de chacun-e. Sur l’application pleine et entière de la loi sur la parité : l’objectif ne peut plus être d’avoir la parité des candidats aux élections législatives mais bien la parité des élu-es ! Notre proposition sur le scrutin proportionnel le permettrait enfin. Sur l’éducation des filles et des garçons, sur l’éthique en politique, sur le partage des tâches domestiques, sur la question des violences faites aux femmes.

Tous ces combats-là, nous nous engageons à les mener. Nous nous engageons à ne jamais les passer au second plan. Nous nous engageons à donner les moyens d’une action publique à la hauteur des enjeux. Un milliard d’euros de budget pour le ministère de l’égalité entre les femmes et les hommes et un arsenal de lois et de sanctions qui pemettent de faire en sorte qu’aucune femme ne soit laissée au bord de la route de l’égalité. C’est un enjeu constitutionnel. Il est inscrit en lettre de droit, dans l’article 1er de la constitution, que l’égalité est au fondement de notre république. Alors mettons la en œuvre, maintenant. 

Les premières et premiers signataires

Yannick Jadot, Député européen
candidat des écologistes à la Présidentielle

Sandrine Rousseau
Présidente du Conseil Politique de la campagne Présidentielle
Conseillère spéciale aux questions de discriminations & de précarité

Éric Piolle, Maire de Grenoble
Conseiller spécial à la grande coalition écologiste

Delphine Batho, Députée
Conseillère spéciale à la sécurité nationale face
aux effondrements & à la résilience

Mounir SATOURI
Député européen
Directeur de campagne de Yannick Jadot

Sophie Taillé Polian, Sénatrice, coordinatrice Generation.s,

Julien Bayou, secrétaire National
EELV

Sandra Regol, Secrétaire nationale adjointe EELV

Bruno Bernard, President Métropole de Lyon, Conseiller aux
Relations extérieures de Yannick Jadot.

Eva Sas, Porte Parole EELV, Conseillère Politique de Yannick Jadot aux 100 Jours de la Présidence écologiste

David Belliard, Maire Adjoint à Paris
Conseiller Politique de Yannick Jadot

Karima Delli , Députée européenne, Conseillère Politique de Yannick Jadot

François Lamy, Conseiller Politique de Yannick Jadot

Marie Toussaint, Députée européenne, Conseillère Politique climat & justice environnementale de Yannick Jadot

Paula Forteza, Députée, co-responsable du Conseil de la démocratie sociale & environnementale

David Cormand, Député européen
Co-responsable du Conseil des parlementaires de la campagne de Yannick Jadot

Chloé SAGASPE, Conseillère de Paris, co-responsable du Conseil de la démocratie sociale & environnementale

Matthieu Orphelin, Député écologiste, Porte-parole de la campagne présidentielle

Sabrina Sebaihi, Porte-parole de la campagne présidentielle

Benjamin Lucas, Coordinateur national de Génération.s et Conseiller régional, porte-parole de la campagne présidentielle

Mélanie Vogel, sénatrice EELV, porte-parole de campagne présidentielle

Hubert  Julien-Laferrière, Député du Rhône, porte-parole de la campagne présidentielle

Marine Tondelier, Porte Parole de la campagne présidentielle

Mélissa Camara, Porte-parole de la campagne présidentielle

 

Signez la tribune !